La fiscalité des locations meublées de courte durée connaît un tournant majeur avec la mise en application de la Loi n° 2024-1039, dite Loi Le Meur, du 19 novembre 2024. Cette réforme impacte directement les loueurs non professionnels, notamment ceux relevant du régime micro-BIC. La Direction générale des finances publiques (DGFiP) a d’ailleurs entrepris d’informer les contribuables concernés des nouvelles dispositions.
Sommaire
Contexte et Objectifs de la Réforme Le Meur
Depuis la fin du mois de septembre, la DGFiP a alerté les loueurs non professionnels de meublés de courte durée via la plateforme « Gérer mes biens immobiliers » sur les changements fiscaux. Ces modifications découlent directement de la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024, connue sous le nom de loi Le Meur, visant à renforcer la régulation locale des meublés de tourisme. L’objectif principal est d’adapter la fiscalité de ces activités face à l’évolution du marché locatif.
Les Nouveaux Seuils du Régime Micro-BIC
La loi Le Meur a significativement modifié les conditions d’accès au régime fiscal du micro-BIC pour les locations meublées de tourisme. Ce régime permet de bénéficier d’un abattement forfaitaire sur les recettes, censé représenter les charges supportées par le propriétaire. Il est crucial pour les bailleurs de bien comprendre ces nouveaux plafonds pour anticiper leurs prochaines déclarations.
Détail des Seuils de Recettes Annuelles
- Locations non classées : Pour les meublés non classés, le seuil de recettes annuelles permettant de bénéficier du micro-BIC est désormais fixé à 15 000 €.
- Locations classées et chambres d’hôtes : Pour les locations classées en meublé de tourisme et les chambres d’hôtes, le seuil reste inchangé à 77 700 €. Ces catégories bénéficient donc d’un régime plus favorable en termes de plafond de recettes.
Le dépassement de ces montants entraîne automatiquement l’application du régime réel d’imposition, souvent plus complexe mais potentiellement plus avantageux selon la structure des charges.
Évolution des Taux d’Abattement Forfaitaire
Outre les seuils, la loi Le Meur a également révisé les taux d’abattement forfaitaire appliqués sur les recettes brutes des locations meublées. Ces taux déterminent la part des revenus exonérée d’impôt, simulant la déduction des charges.
Les Nouveaux Taux d’Abattement
- Locations non classées : Le taux d’abattement passe de 50 % à 30 %. Cela signifie qu’une part plus importante des recettes est désormais soumise à l’impôt pour cette catégorie.
- Locations classées et chambres d’hôtes : Le taux d’abattement reste fixé à 50 %. Les locations bénéficiant d’un classement officiel conservent un avantage fiscal significatif.
Ces ajustements visent à différencier davantage la fiscalité entre les différents types de meublés de tourisme et à potentiellement encourager les propriétaires à opter pour un classement officiel de leur bien.
Quelles Stratégies Adopter pour les Loueurs ?
Face à ces nouvelles règles, il est impératif pour les loueurs non professionnels de réévaluer leur situation fiscale. Une augmentation potentielle de leur imposition est à prévoir s’ils ne procèdent pas aux ajustements nécessaires. Deux options principales s’offrent à eux pour optimiser leur déclaration de revenus.
Calculer l’Option la Plus Avantageuse
- Régime Micro-BIC avec nouveaux seuils : Appliquer les nouveaux seuils et taux d’abattement pour déterminer l’impôt dû. Cette option est simple, mais peut être moins favorable qu’auparavant.
- Option pour le régime réel : Envisager de passer au régime réel d’imposition. Ce régime permet de déduire l’ensemble des frais réellement engagés (amortissement du bien, intérêts d’emprunt, charges de copropriété, travaux, etc.).
Le choix du régime réel implique une tenue de comptabilité plus rigoureuse et l’obligation de conserver tous les justificatifs des dépenses supportées. Il est conseillé de réaliser une simulation précise avec l’aide d’un expert-comptable pour déterminer l’option la plus adaptée à votre situation.
Comprendre le Statut de Loueur Non Professionnel (LMNP)
Pour rappel, le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) s’applique aux personnes dont les recettes annuelles tirées de leur activité de bailleur sont inférieures à 23 000 €. De plus, ces recettes ne doivent pas dépasser le montant total des autres revenus du foyer fiscal.
Ce statut offre un cadre fiscal spécifique qui, malgré les récentes modifications, reste avantageux pour de nombreux investisseurs immobiliers. Comprendre cette définition est essentiel pour évaluer l’impact des changements de la loi Le Meur sur votre situation personnelle.
Conclusion et Prochaines Étapes
La Loi Le Meur marque un tournant pour la fiscalité des locations meublées de courte durée. Les loueurs non professionnels doivent prendre en compte ces nouvelles dispositions pour leur prochaine déclaration de revenus. Une analyse approfondie de leur situation, potentiellement avec l’accompagnement d’un professionnel, est indispensable pour optimiser leur imposition et s’assurer de la conformité de leurs déclarations.
Il est recommandé de consulter la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 sur Légifrance pour une information complète.

